J'observe la décoration de l'hôtel. Nina voit que je suis impressionné.
Nina : C'est un splendide hôtel, n'est-ce pas ? C'est un bon exemple d'architecture Belle Époque. J'aime spécialement l'énorme escalier en bois. C'est un beau décor pour un film publicitaire avec Pierrick Martin.
Alex : Pierrick Martin ! Qu'est-ce que tu sais de lui, Nina ?
Nina : C'est un bon joueur de tennis mais en plus, il est beau comme un dieu et son image plaît à beaucoup de gens.
Alex : Moi, dis-je, je préfère les champions authentiques mais si le public veut des champions top modèles, pourquoi pas ? Qu'est-ce qu'il présente? Un shampooing ? Un dentifrice ?
Nina : « Chavire », dit Nina. C'est un déodorant pour les sportifs. C'est pas pour toi, Alex !
Nina adore me provoquer, gentiment, sur ma condition physique. En général, je ne réponds pas, je souris.
À côté de nous, à la table voisine, on entend une conversation entre trois hommes. Deux sont très agressifs, le troisième a une attitude défensive. Les deux premiers disent : « vous devez continuer ». Le troisième répond : « c'est dangereux ». J'identifie facilement leur accent : les deux hommes agressifs sont français, l'autre est belge, il parle français avec un accent flamand. Quand ils constatent que je les écoute, ils interrompent leur conversation. Après quelques instants, ils se lèvent et vont tous les trois vers la sortie. Quand il passe à côté de moi, le Belge me regarde fixement. J'ai la sensation que cet homme a des problèmes. Je photographie son visage dans ma mémoire.
Au même moment, de l'autre côté du grand salon, on entend un grand bruit. Quelqu'un est tombé au pied de l'escalier. Nous nous levons pour l'aider mais il y a déjà un homme près de lui.
L'homme : Pas de panique, dit l'homme, mon ami a seulement perdu l'équilibre. Je m'occupe de lui.
Jacky : Mais c'est Pierrick Martin qui est tombé, intervient Jacky. Qu'est-ce qu'il a ?
Nina : Il faut appeler un médecin, une ambulance ! dit Nina.
Le coach : Je suis son coach, dit-il avec un accent américain. Ce n'est pas grave. Je m'occupe de tout.
Alex : Nous sommes journalistes, nous avons justement rendez-vous avec Pierrick.
Le coach : Ah, vous êtes les journalistes de L'Avis ? Pas de panique ! Pierrick est seulement... Comment dit-on en français ? Ah oui : Pierrick est tombé dans les pommes.
Nina : Il faut appeler un médecin, répète Nina.
Le coach : Non, ce n'est pas nécessaire, je vous assure. Il est seulement un peu fatigué. Il doit se reposer.
Pierrick Martin ouvre les yeux et se lève avec difficulté.
Le coach : Je le conduis dans sa chambre, dit le coach. Il doit se reposer. Est-ce que vous êtes libres plus tard ?
Alex : Ça dépend. Vous nous proposez un autre rendez-vous aujourd'hui ?
Le coach : Ce soir ? Vers 18 h 30, ça vous convient ?
Nina : Parfaitement, dit Nina.
Le coach : Ah oui. Écoutez-moi, dit encore le coach. C'est important : respectez la vie privée de Pierrick Martin, ne parlez pas de sa chute dans l'escalier. Vous comprenez ? C'est une question d'image. Et c'est la condition pour obtenir l'interview. D'accord ?
Alex : D'accord, dis-je, surpris.
Le coach nous laisse seuls dans le hall de l'hôtel. Je regarde mes collègues et je vois qu'ils pensent comme moi que ce coach est bizarre !